Ceux qui rêvent

Ceux qui rêvent - Julien Weber

Pour ces chapes de plomb qui pèsent sur vos têtes,
Ils rêvent.

Pour fuir vos âmes grises, confites d’ennuis,
Ils rêvent,

Pour vos risques calculés, vos colères maîtrisées,
Ils rêvent,

Pour vos mains froides, qui portent misère comme une croix en terre,
Ils rêvent,

Pour vos regards noirs, vos yeux suintant le mépris,
Ils rêvent,

Pour tout ce que vous ne serez jamais,
Ils rêvent.

Vous jugez arrogants ceux qui regardent le ciel,
Vous voudriez que comme vous, ils scrutent le sol,
Quelle serait votre joie de savoir qu’ils désespèrent,
Lorsque sous le joug de votre jalousie,
Ils plient et posent genoux en terre.

Alors, de les voir ainsi affaiblis,
Encore plus vous leur faîtes courber l’échine,
Vous tissez autour d’eux, la soie de vos si sincères sentiments,
Vous faites peser sur eux, l’enclume frappée de votre argent,
Vous les irradiez de pouvoir, vous jouez de terreur…

Mais dîtes-vous bien qu’un oiseau capturé,
Pris au piège dans l’une de vos cages dorées,
Ne vous donnera jamais d’ailes pour voler.

J.W