Cosmogonie

Cosmogonie Julien Weber

Voyageurs infinis,
À travers les particules d’espace,
Nous empruntons des chemins sidérants,
Au milieu des parcelles d’univers indécises.

Entre nous,
Des fragments d’atomes éclatent,
Les astres nous consolent de naître poussière,
Et nous invitent à flotter avec eux.
Enfin nous quittons la terre et non,
Rien de rien,
Nous ne regrettons rien d’ici bas.

Bombardement intense d’hydrogène,
Dans nos fusées plastiques aux cockpits embuées,
Par des neutrons à pertes de vues,
Les couleurs boréales nous absorbent,
Les galaxies nous dispersent, nous implosent,
Nous atomisent…
Il n’est plus rien de connu,
Ni de physiquement impossible.
Tout ce que nous savons volent au-delà des orbites.

Plus de bien, ni de mal…
Et cet amour hier matin qu’on a quitté,
Et cet enfant embrassé, ce travail laissé,
Le café que l’on a bu, ces lacets attachés,
Cette clé tournée, plus rien d’humain n’existe vraiment, ou alors…
Dans une infime abîme de nos mémoires.

Les satellites se moquent bien de nous,
Reflets de nos grandeurs terriennes,
Nous ne sommes qu’une miette perdue sur la table d’un géant.
« C’est un petit pas pour l’homme, disent-ils,
Et encore bien plus petit aux yeux de l’univers. »

Quel dieu est à l’œuvre dans cette cosmogonie ?
Aucun Dieu, aucun prophète,
Seulement des mystères,
De la grandeur et du silence,
Tellement de silence…
Tellement de silence…
Tel-le-ment-de-si-len-ce.
Tel-le-ment-de-si-len-ce.
Tel-le-ment-de-si-len-ce !

Délivrés des contingences humaines,
A des années sans lumières de notre petite terre,
On ne se dit qu’il ne reste plus rien de nous,
Rien qu’une musique en périphérie de notre planète.

Julien Weber