So long

jesuis

Je garderai d’eux cette image, qu’ils étaient les boulons d’une grosse imprimerie offset, d’une de ces machines intemporelles mécaniquement fiables, dont les rotors ne cessaient de tourner pour imprimer des mots, des dessins, des idées, des concepts, des opinions, des rires, des mille et une bonnes raisons de ne pas être d’accord avec eux, des libertés à dire ou à s’engueuler. Ils la tenaient au sol cette grosse Bertha, comme un fondement, un pilier de mon enfance et adolescence. Ils me donnaient le goût de l’encre et du fer !

Aujourd’hui, privée d’attaches, la machine s’envole. Mais aussi sur que je continuerai à vouloir imprimer des bouquins, des graphismes, des poèmes, des textes… A chaque feuille qui sortira de ma propre et modeste presse, je penserai fort à eux.

Julien Weber